Je suis venue jeudi pour aider. Nous avons tout préparé ensemble : salades, plats chauds, apéritifs, dessert. Tout comme il faut. Sauf que… j’ai apporté quelques petites modifications.
Pas du poison, bien sûr, mais de quoi surprendre : du sel dans le gâteau sucré, du vinaigre au lieu de l’huile dans la salade, et tellement de poivre dans la viande que ça faisait pleurer.
Vendredi, je suis venue juste une heure avant mon service. Les invités arrivaient, la table débordait de plats. Ma belle-mère rayonnait. Je me suis levée, j’ai pris un verre et j’ai dit :
— Chers parents ! Levons notre verre à notre chère fêtée ! Quelle femme incroyable, quelle cuisinière ! Tout ce qu’il y a sur cette table, elle l’a fait elle-même ! Toute seule !

Applaudissements. Ma belle-mère rougit de fierté.
Puis les invités commencèrent à goûter les plats.
Le frère de ma belle-mère toussa en mordant dans la viande. Puis sa sœur fit une grimace en goûtant la salade. Et le gâteau salé fut la cerise sur le gâteau.
— Mmm… original, — dit quelqu’un, ne sachant pas comment exprimer poliment son choc.
— Une nouvelle recette, peut-être ? — ajouta un autre.
Ma belle-mère resta figée. Je me suis levée, j’ai souri et j’ai dit :

— Finalement, tu aurais peut-être dû accepter mon aide…
Et je suis partie travailler.